MOHAMED OULD AZIZ SE PRONONCE

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L’accord sur l’exploitation du gaz signé le 09 février dernier à Nouakchott entre le Sénégal et la Mauritanie continue de susciter de part et d’autre beaucoup de commentaires. C’est ainsi que, dans une interview à Jeune afrique, le président de la République islamique de Mauritanie, Mohamed Ould aziz, a cherché à faire taire les critiques soulevées dans les deux pays. Selon lui, l’accord signé ne vise que l’intérêt des deux peuples. Il s’est aussi prononcé sur les relations bilatèrales entre les deux pays. et sur sa décision de ne pas se représenter en 2019 à la tête de son pays.

Côté sénégalais, le débat continue d’enfler sur lescontours précis de l’accord du 09 février signé entre le Sénégal et la Mauritanie sur l’exploitation du gazsitué au niveau de la frontière des deux etats. Ces dernières années, d’importantes découvertes de gaz ont été faites à la frontière entre les deux pays, dontcelle concernant le champ gazier “grand Tortue/ahmeyim”, mis à jour en janvier 2016 et considéré comme “le plus important gisement” en afrique de l’Ouest, avec desréserves estimées à 450 milliards de m3. L’opposition, notamment le président de Rewmi, Idrissa Seck, a exigé de Macky Sall des éclairages publics sur ce dossier. Le seul acte posé jusqu’ici par le gouvernement aura été, lors du dernier Conseil des ministres, l’adoption du projet de loi autorisant le président Macky Sall à ratifier l’accord de coopération inter-etats portant sur le développement et l’exploitation des réservoirs du champ grand Tortue/ahmeyim entre la République du Sénégal et la République islamique de la Mauritanie.

Le président mauritanien est loin de cette polèmique. S’il n’a pas été précis sur lescontours du partenariat, il en a dégagé une certaine philophie. « On ne peut passe réveiller un beau jour, prendre une feuille de papier etsigner un accord. C’est un processus qui prend du temps avant d’aboutir. Entre deux États voisins, nous partageons beaucoup de choses, que ce soit le fleuve ou nos ressortissants. Macky Sall et moi avionsla responsabilité de faire le bon choix pour rapprocher nos pays. Les infrastructures d’exploitation seront d’ailleursinstallées à nosfrontières » a confié le pré- sident Mohamed Ould abdez aziz. Le chef de l’etat mauritanien a tenu à préciser que « nous n’avons pas cherché à satisfaire les intérêts de nos États, mais ceux de nos deux peuples car, en exploitant rapidement ce gisement, nous améliorerons leurs conditions de vie. Ce ne sera certainement pas le seul que nous aurons à partager, c’est pourquoi il était de notre devoir d’y arriver, et rapidement. D’après les études de BP et Kosmos, l’exploitation commencera d’ici à l’horizon 2021 »

Nos relations avec le Sénégal

Répondant à la problèmatique desrelations entre le Sénégal et la Mauritanie,compliquées depuis l989, Mouhamed Ould aziz a confié ceci : « nous avons des principes: nous ne cherchons pas de problèmes avec nos voisins, mais la paix, la stabilité et la sécurité de toute la région, et en particulier de notre pays. Il y a eu des problèmes. Ils ont existé, existent et existeront toujours. Notre seule arme pour les résoudre, ensemble,c’est le dialogue. Il est vrai que desreprochessont réciproquement formulés, mais nous arrivons toujours à les surmonter ».L’homme fort de Nouakchott écarte aussi toute idée d’un Sénégal pays pouvantservir de base arrière à des opposants mauritaniens. « Voir le Sénégal ainsiserait une erreur. Toutes leslibertéssont garanties en Mauritanie, nous n’avons pas un seul prisonnier politique. Je dis bien, pas un seul. et le délit de presse n’existe plus. aller au Sénégal et dire que l’on est un opposant exilé relève d’une décision individuelle de ces personnes elles-mêmes. elles peuvent revenir en Mauritanie quand elles le veulent. elles ne seront pasinquiétées. Pas une seule question ne leur sera posée »a assuré Mohamed Ould Abdel Aziz

Pas un troisième mandat en 2019

Le président mauritanien a décidé de ne pas se présenter pour un troisième mandat en 2019. Il reste catégorique sur sa position. « Il y a décidément toujours un doute dans les esprits! Je me conforme à la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Nous avons certes révisé la Constitution, mais nous n’avonsjamaistouché à cet article. et je n’y toucherai pas. L’avenir le dira, car je n’ai pas encore fait mon choix. Parmi les 3,5 millions d’habitants de la Mauritanie, chacun est libre de se porter candidat. Je soutiendrai l’un d’entre eux » s’est-il contenté de dire.

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