Un jeune de Mekhé alerte sur la bombe écologique

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Au moment où on s’émeut de la propension des élèves à se détourner des disciplines scientifiques, Ibrahima Diagne, un jeune originaire de Mékhé a décroché le 5 avril dernier son Doctorat en chimie analytique sur un thème portant globalement sur l’environnement. Une occasion pour ce jeune féru du sport et de la politique d’alerter sur les méfaits du déversement des eaux usées dans les côtes de Dakar.

De plus en plus, les élèves tournent le dos aux séries scientifiques. Tout le contraire du jeune Ibrahima Diagne de Mékhé (localité située dans le département de Tivaouane). Après avoir fait son cycle élémentaire, moyen et secondaire à Mékhé où il a décroché en 2005 son Baccalauréat série S2, il a a rejoint la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, au département Physique Chimie jusqu’à la maîtrise. Il a ensuite décroché son master en chimie physique, appliquée à l’énergie et à l’analyse, puis une thèse sur le même sujet avec comme option la chimie analytique. Aujourd’hui enseignant-chercheur, il travaille au département de Chimie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, précisément au laboratoire chimie physique organique et analyse environnementale. Son amour pour la science et l’environnement a été couronné le 5 avril dernier avec l’obtention d’un Doctorat en Chimie Analytique, sous l’encadrement du Pr Momar Ndiaye.

A cette occasion, il a alerté sur les méfaits du déversement des eaux usées dans les côtes de Dakar. Un phénomène à l’origine de la raré- faction du poisson. Il a traité en effet le sujet : «Caractérisation des paramètres physico-chimiques et métalliques des eaux usées déversées dans les côtes dakaroises et leur impact sur les poissons : application au dosage du zinc, du fer et du chrome dans deux espèces de poissons (Mugil curema et Diplodus sargus cadenati)».

Et comme application, il a choisi la baie de Hann et Soumbédioune. Le choix de ces sites, indique-t-il, n’est pas fortuit, puisqu’ils constituent des zones de débarquement de poissons et reçoivent en même temps des eaux usées provenant des canaux, mais aussi des déchets solides contaminants. «Ces eaux suées sont très riches en élé- ments contaminants, qui peuvent contaminer les poissons par le biais de la bio accumulation. L’homme étant le principal consommateur de poissons, ces contaminants peuvent également l’atteindre par le biais de la bioamplification. C’est ce danger qui m’a poussé à faire ces études. J’ai d’abord analysé les eaux avant le déversement dans les eaux aquatiques, mais aussi analysé leur impact dans le milieu aquatique», explique Ibrahima Diagne. Pour lui, «une fois dans les eaux aquatiques, ces eaux usées peuvent modifier le milieu, diminuer la teneur en oxygène.

Et il y a des matières organiques provenant des eaux qui sont essentielles à la vie aquatique. Mais si ces matières organiques sont importantes, elles vont être dégradées par les bactéries et cette dégradation sera accompagnée d’une diminution de la teneur en oxygène. Les poissons ont besoin d’oxygène pour survivre. Ce qui peut entraîner la raréfaction des poissons par une mort rapide. Qui plus est, ces eaux usées, une fois dans le milieu marin, peuvent contenir des substances toxiques qui ont deux effets. L’effet immédiat et l’effet à court terme entraînent la mort rapide des poissons. Il y a aussi un effet différé ou à long terme qui peut entraîner une accumulation des contaminants en fonction du temps et une bio amplification dans la chaîne alimentaire et dans ce cas l’homme devient le principal concerné». C’est pourquoi, il a considéré le phénomène comme l’un des facteurs qui causent la raréfaction des ressources halieutiques. «Car si le milieu ne leur sont plus favorable, les poissons vont migrer vers d’autres milieux beaucoup plus cléments», dit-il. Après ce travail colossal mené sous la conduite du Pr Momar Ndiaye, le tout nouveau Docteur rêve d’intégrer la recherche scientifique sur l’environnement et la qualité des eaux, afin de minimiser la pollution.

LE NOUVEAU DOCTEUR, UN FERU DE LA POLITIQUE ET DU MOUVEMENT ASSOCIATIF

Le jeune docteur en chimie analytique s’active aussi dans la politique. Lors des dernières élections législatives, il était très impliqué dans la campagne de la coalition Benno Bokk Yaakaar à Mékhé. Ce n’est qu’en 2014 qu’il a décidé de se jeter dans l’arène politique, même si auparavant, il observait à distance avec intérêt les différents acteurs. «J’ai toujours aimé la politique, mais je n’avais pas la même vision que les autres. Mais finalement, j’ai été inspiré par Mamadou Mbengue Guèye responsable de l’Alliance Pour la République (Apr) par ailleurs administrateur et directeur général de la Société Nouvelle des Auxiliaires de Transport (Snat), président de la communauté des acteurs portuaires. Il est ma référence et depuis que je suis à ses côtés, je m’épanouis très bien sur le terrain politique. Il est parvenu à imprimer une autre trajectoire beaucoup reluisante à l’Apr dans toute la zone». Lors des dernières élections législatives, indique-t-il, c’est Mamadou Mbengue avec ses propres moyens qui a remis Mékhé dans l’escarcelle du pouvoir. «Sous sa conduite, Bby a largement triomphé avec 2566 voix soit 35,34% pour un taux de participation de 57,56%. Là où la CPJE est arrivée en seconde position avec 20,42% des suffrages et le PUR 902 voix soit 12,42%». Ibrahima Diagne est également membre actif du mouvement associatif à Mékhé. Excellentfootballeur, il a porté les couleurs de l’ASC Guney Ngaay et aujourd’hui, il fait partie des dirigeants de l’ASC Manko de Mékhé.

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