Les disciples de Wade en ordre de bataille

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Les attaques personnelles dont Abdoulaye Wade et son fils Karim sont victimes, semblent avoir servi d’électrochoc à nombre de ses disciples qui sont sortis d’une certaine somnolence pour prendre leur défense et condamner des propos qu’ ils jugent offensants  de la part de ceux qui doivent tout à l’ ancien président de la république.

Les propos de Serigne Mbacke Ndiaye  (ancien porte-parole du président Abdoulaye Wade  sur une lettre secrète de Wade proposant une candidature unique des Libéraux  lors des prochaines élections présidentielles au président Macky Sall, ceux de Souleymane Ndéné Ndiaye (son ancien premier minitre)  faisant état d’un Karim implorant Macky Sall de le gracier, et enfin les insultes de Pape Samba Mboup (ancien chef de cabinet) traitant le fils de Wade de voleur et de rat, ont dû réveiller la fibre Wadiste même chez ceux qui,  à l’image de Pape Diop (Bokk Gis Gis),   Samuel Sarr (mouvement 2019 Sopi Sénégal)  Aida Mbodj (mouvement AND), Abdoulaye Baldé (UCS)  se sont affranchis du Pds pour créer leurs propres partis ou mouvements.

Macky est allé chercher des déchets. Il se permet de laisser Souleymane Ndené Ndiaye insulter Wade, s’est offusqué Samuel Sarr. Doudou Wade qui semblait avoir pris un peu de recul a apparemment repris du service, surtout devant les difficultés d’ Omar Sar à assurer le service.

Cette missive n’a pas d’importance, fulmine le neveu d’Abdoulaye Wade sur Rfm matin, tout en dénonçant la sortie des 3 anciens du Pds.

Il s’agit d’un document d’une vingtaine de pages daté du 25 juillet 2013 et intitulé « Réunification de la famille Libérale » dans lequel  Abdoulaye Wade proposait une candidature unique (des Libéraux lors des élections de 2019)  et que Macky Sall avait décliné. Mais de 2013 à nos jours, beaucoup d’eau à coulé  sous les ponts. Pourquoi ces gens ont-ils publié tardivement la lettre ?, vitupère Doudou Wade. Il y a anguille sous roche. D’ailleurs, leur déclaration a suscité beaucoup de réactions négatives.

Pape Diop n’y est pas allé par le dos de la cuillère pour fustiger la posture du président Sall ?

Ce président né après les indépendances nous livre les derniers soubresauts d’un monarque en pleine crise d’impopularité. Ses déclarations sarcastiques qui ne sont que l’ultime chant du cygne ne pourront rien y faire. Le glas de l’ère Macky Sall a sonné et la hantise de l’après pouvoir a fini de faire effet sur lui.

Votre programme politique économique et social est devenu une arnaque historique au service des intérêts de votre clan, vocifére l’ex du Pds, mais Wadiste dans l’âme au président Sall.

Abdoulaye Balde, maire de Ziguinchor et ancien camarade de parti n’a pas apprécié non plus.

Quand on a exercé de hautes fonctions et qu’ on connaisse des choses qui se sont dites entre quatre murs, il faut se garder d’aller les répéter ailleurs. Ils sont allés trop loin,  fulmine-il. Je ne peux pas m’allier à un pouvoir finissant, s’emporte pour sa part Aida Mbodj, en annonçant sa candidature depuis Ndoga Babacar, à Tamba.

Macky Sall pense qu’ enfermer,  bâillonner, mater des leaders, c’ est ce qui lui donnera un second mandat. Qu’ il se trompe. Il attend qu’ il lui reste moins de 6 mois pour faire des promesses et des inaugurations bidon, s’offusque la désormais candidate.

A ces sorties individuelles,  il faut ajouter celles au sein de Front Démocratique et Social de Résistance Nationale (FDSRN).

Les leaders de l’opposition regroupés au sein de cette coalition se sont retrouvés dans la banlieue qui semble être leur nouveau champ de bataille (Aida Mbodj, Oumar Sarr, Abdoul Mbaye…) pour dénoncer entre autres la pénurie d’eau, le parrainage, les cas de Karim Wade (exilé au Qatar) et Khalifa Sall (emprisonné)….

Nous allons accélérer les mobilisations pour frapper plus fort, nous allons foncer, nous allons taper, a promis Omar Sarr, le leader du PDS. La famille Libérale, comme piquée au vif, semble reprendre du poils de la bête depuis la sortie des trois ex proches d’Abdoulaye Wade.

S’ agit-il de simples déclarations circonstanciées et sans lendemain ou ces propos qui les ont tant choqués ,les ont-ils poussés à  prendre conscience de leur nécessaire retrouvaille, enfin de défendre et perpétuer l’héritage du président Abdoulaye Wade, autant dans sa dimension philosophique (la pensée) que politique (la conquête du pouvoir.) ?

Ce qui se joue entre disciples du Wadisme, serait plutôt l’investiture du PDS aux prochaines élections présidentielles. Je pense que la clé de l’élection présidentielle de 2019 est entre les mains du président Wade, car il a le parti le plus représentatif,  estime Abib Sy , l’ancien ministre Libéral. Il ne doit pas être le seul à le croire dans la famille.

Il n’y a pas de plan B, ni C  pour le PDS. Notre seul candidat est Karim Wade et s’il n’est pas candidat, il n’y aura pas d’élections, clament pour leur part, les cadres du parti de maître Wade. La probabilité de voir Karim Wade prendre part en tant que candidat aux prochaines élections présidentielles est pourtant très mince.

Il est en effet condamné à six ans de prison et donc officiellement inéligible, d’après le nouveau code électoral.

L’ancien président Abdoulaye Wade, en tant que juriste et politicien avisé  ne peut occulter cette donne, malgré les mises en garde et autres menaces, d’autant qu’ il n’a aucun moyen d’empêcher les élections de se tenir. Il est aussi conscient que boycotter les présidentielles serait du pain béni pour le président Macky Salldont le rêve est de neutraliser la machine électorale qu’ est le PDS pour ne faire face qu’ aux partis de moindre importance.

Il est peu probable qu’ il lui fasse ce plaisir.

Un plan B est donc incontournable. Reste à lui trouver un nom.

Celui d’Adjibou Sourmaré, son ancien premier ministre, avait un moment caressé les esprits, avant d’ être abandonné.  Or, il est peu probable qu’ il s’agisse d’ Omar Sarr, l’actuel coordonnateur national et secrétaire général adjoint du PDS. On se bouscule donc au portillon, et c’est à celui qui frappera le plus dans l’oeil de l’ancien président. A ce jeu Samuel Sarr semble avoir pris une longueur d’avance sur ses concurrents.

Le nom de sa formation Mouvement 2019 Sopi Sénégal est déjà un clin d’oeil au cri de ralliement (Sopi) qui avait porté l’opposant Abdoulaye Wade au pouvoir en l’an 2000 face au président Abdou Diouf. Il a enfin décidé d’être à l’avant garde de la défense des Wade face aux déballages de ses ex frères de parti que sont Serigne Mbacké Ndiaye, Pape Samba Mboup et Souleymane Ndéné Ndiaye.

Il semble d’ailleurs avoir engagé un duel avec ce dernier par cellules de communication interposées et dont la presse fait d’ ailleurs ses choux gras. Et les mots ne volent pas trés haut. Souleymane Ndéné Ndiaye a heurté la sensibilité de tous les citoyens de ce pays en attaquant sans retenue son bienfaiteur Abdoulaye Wade qui l’a sorti du néant pour faire de lui ce qu’ il est aujourd’hui,  clame-il dans son dernier communiqué.

Les disciples   piaffent ainsi d’impatience pour porter l’étendard Libéral lors de la bataille présidentielle de 2019, sauf que celui qui donne le tempo, maître Wade, semble mettre pour le moment la pédale douce.

Nouvel Horizon

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