OUSMANE SONKO CANDIDAT A LA PRÉSIDENTIELLE : «Nous avons proposé aux sénégalais des solutions concrètes»

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Le leader de Pastef a présidé, samedi dernier, un méga meeting à Kaffrine. Devant ses militants venus de toute la région, Ousmane Sonko s’est engagé à bâtir un Sénégal nouveau, dont il a esquissé les lignes directrices dans son ouvrage intitulé «Solutions».

En meeting le week-end dernier à Kaffrine, Ousmane Sonko a promis d’opérer une «révolution tranquille» dans le pays, si les populations lui font confiance au soir du 24 février. Ayant son ouvrage «Solutions» comme vademecum, le leader de Pastef en a distribué à souhait les bonnes feuilles aux militants venus l’applaudir à la place publique de la capitale du Ndoucoumane.

«Dans l’ouvrage que j’ai écrit, nous avons proposé des solutions concrètes et surtout des choses réalisables, parce qu’à notre humbles avis, le problème au Sénégal, c’est que les gens viennent pour faire des professions de foi et autres promesses. C’est très rare que des hommes politiques vous disent : j’ai décidé de faire ceci et cela, et voilà comment je vais le financer. Et c’est ça le plus important », déclare l’ancien inspecteur des impôts et domaines qui précise qu’il a dessiné dans son ouvrage-programme les contours pour financer ses engagements pour le pays, une fois élu. «Il y a tout un chapitre où je ne parle que de financement, à commencer par la fiscalité, une bonne gestion de nos ressources, la monnaie qui ne nous appartient pas malheureusement, les transferts des émigrés, les capacités internes que nous avons avec tous les fonds qui sont gérés par certains organismes, l’Investissement direct étranger (Ide)», souligne l’ancien inspecteur des Impôts et Domaines qui regrette que le gouvernement n’explore pas d’autres créneaux de ressources en vue d’étoffer son budget et préfère s’appuyer sur la dette qui ne devrait venir qu’en appoint. «Le gouvernement n’ose pas poser le débat sur la monnaie. Ils ont politisé l’administration fiscale de sorte que le rendement n’est pas là. Et ils ont bradé les ressources naturelles. Quand vous bradez toutes les ressources souveraines, vous êtes obligés d’aller au Groupe Consultatif pour emprunter à des conditions très défavorables pour le Sénégal. Et ce sont nos fils et nos petits-fils qui vont payer», indique Sonko.

Pourtant, affirme-t-il, des possibilités ne manquent pas pour augmenter le budget de l’Etat du Sénégal. «J’ai démontré dans l’ouvrage qu’en renégociant les contrats, on peut faire 800 milliards Fcfa de plus sur le budget ; et en faisant telle et telle chose sur le plan fiscal, encore 600 milliards Fcfa de plus sur le budget. En réglant la question de la corruption sur les marchés publics, on peut faire 300 milliards Fcfa de plus sur le budget. Avec ces trois axes déjà, on double le budget. Et là, on va avoir des capacités pour financer notre politique agricole, pour financer le secteur de l’élevage et créer des emplois. C’est cela le fond du problème», dit le leader de Pastef les Patriotes.

«KAFFRINE EST DANS UNE SITUATION ALARMANTE»

Après avoir fait le procès du régime, Ousmane Sonko a fortement plaidé en faveur de la région de Kaffrine. En dépit de ses potentialités sur le plan agricole notamment, indique Sonko, le Ndoucoumane se trouve dans une situation alarmante. «La région de Kaffrine, à l’indice de développement, est classée 12ème sur 14 régions. C’est dire qu’elle ne devance que les régions de Kolda et de Tambacounda», relève l’ancien inspecteur des Impôts et Domaines. Pour lui, Kaffrine pourrait être un pôle commercial, compte tenu de sa position géographique en proximité avec la Gambie. C’est dommage, dit-il, que la région de Kaffrine, qui est la première au Sénégal en termes de production arachidière, soit dans une telle situation. «Je ne dis pas que les services sociaux de base n’existent pas, mais ils se présentent à des quantités très faibles. Avec une démographie de 587.000 habitants, toute la région de Kaffrine n’a qu’un établissement de santé public de niveau 1 ; ce qui fait un ratio assez inquiétant. En termes de médecins, d’après les dernières statistiques de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (Ansd), il n’y avait que 11 médecins sur 50.000 personnes. Idem en termes d’enseignants…La région de Kaffrine a un taux de scolarisation assez faible, ça part de 53% au préscolaire et au primaire, à 13% au niveau secondaire».

En matière d’infrastructure routière, la plupart des voies de communications sont des pistes en latérite. «Aujourd’hui au Sénégal, c’est-à dire 58 ans après l’indépendance, on aurait dû quand même avoir un établissement universitaire dans chaque région», clame le chef de file des patriotes. Par ailleurs, Ousmane Sonko a indiqué que le secteur de l’agriculture sénégalaise doit être davantage accompagné sur le plan technique et matériel, avec une dotation suffisante d’arachides certifiées. « Mais à quoi servirait d’atteindre ces objectifs, d’atteindre ces rendements, s’il n’y a aucune politique industrielle en aval pour pouvoir acheter à bon prix auprès des cultivateurs et pouvoir transformer au Sénégal? », s’interroge Sonko.

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