Macky entre voies référendaire de Senghor ou parlementaire de Diouf

En prenant la décision de supprimer le poste de Premier ministre, le président de la République, Macky Sall veut s’inscrire sur les traces de ses deux prédécesseurs que sont les présidents, Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf. Toutefois, il devra décider lequel des deux, il va suivre pour matérialiser cette réforme : par référendum ou la voie parlementaire.

La controverse autour de la décision du président Macky Sall de procéder à la suppression prochaine du Poste de Premier ministre au Sénégal ne s’estompe toujours pas. Plus de cinq jours après l’annonce à la surprise générale, dans la foulée de la reconduction de Mahammed Boun Abdallah Dionne à la tête du nouveau gouvernement, poste qu’il occupait dans la précédente équipe gouvernementale, des voix continuent de s’élever pour apprécier diversement cette décision du président Sall qui semble ainsi s’inscrire sur les traces de ses deux prédécesseurs que sont les présidents, Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf. En effet, les deux anciens chefs d’État sont les premiers avoir déjà expérimenté la suppression de ce poste de chef de gouvernement qui serve de «bouclier» au président de la République dans l’ordonnancement institutionnel national. Premier à prendre la décision de mettre un terme à l’existence de ce poste au Sénégal, le président Senghor avait pris cette décision à la suite des événements de 1962 qui avaient failli faire basculer le Sénégal suite à une dualité au sommet de l’Etat entre l’ancien président du Conseil des ministres, Mamadou Dia et lui-même alors président de la République.

Le Président Léopold Sédar Senghor est toutefois passé par voie référendaire pour supprimer le poste de Premier ministre. En 1970 également, quand il a voulu rétablir ce poste à nouveau, le président Senghor avait, à nouveau organiser un référendum en demandant l’avis des sénégalais qui s’étaient prononcé en faveur du retour de ce poste de chef de gouvernement confié par la suite à Abdou Diouf. Devenu président de la République en 1981 après la démission du président Senghor, Abdou Diouf ne s’est pas inscrit sur cette voie tracée par son ex mentor quand il a voulu supprimer lui-aussi ce poste en 1983. En effet, en lieu et place de la voie référendaire comme l’avait fait le président Senghor, Abdou Diouf a choisi une révision constitutionnelle adoptée par la majorité des 3/5ème de l’Assemblée nationale. La question est de savoir par quelle voie le président Sall qui a annoncé également des réformes en profondeur, va emprunter pour matérialiser les réformes annoncées.

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