Les lionceaux ,un echec mental

Assez costauds pendant plus de 90 minutes, l’équipe nationale du Sénégal des U20 a fini par craquer lorsque l’adversaire a maintenu la pression et a véritablement appuyé sur l’accélérateur dans les ultimes secondes pour arracher l’égalisation (2-2). Un but de Lee Jisol (90e+8) qui reprend de la tête un corner bien exécuté par Lee Kangin a basculé la rencontre dans une prolongation que personne n’attendait. Sauf les Coréens bien sûr. Et ce fut comme dans un rêve qui plongeait les Lionceaux en plein cauchemar ce samedi, au stade municipal de Bielsko-Biala (sud de la Pologne) qui a vécu un match complètement fou ; un bon match de foot, avec beaucoup de buts (6 au total) et des rebondissements du début à la fin grâce à la Var qui n’a pas eu le temps de chômer. A l’arrivée, que des regrets du côté des Sénégalais qui avaient pourtant presque un pied en demi.

L’éclaircie de Ciss

Face à l’agressivité et à la combativité coréenne, les Lionceaux ont passé leur soirée à défendre, à repousser les assauts et à dégager le ballon un peu n’importe comment à chaque offensive adverse. Mené 3-2 en début des prolongations, La chance ne les avait pas lâché puisqu’à la 120e minute, Amadou Cissé, contre toute attente, remettait les deux équipes à égalité (3-3).

Vint alors l’épreuve fatidique des tirs au but. La Corée démarre mal l’exercice et ne parvient pas à convertir ses deux premiers tirs. Mais les Lionceaux ne profitent pas de l’occasion qui leur est encore offerte. Pire, trois tireurs sénégalais échouent tous dans cet exercice. Et l’équipe s’écroule sur le raté de Cavin Diagne, cinquième et dernier tireur sénégalais qui offre à la Corée du Sud son ticket pour la demi-finale. Incroyable, mais vrai.

Le remake de Niamey

Cette soirée aurait pourtant dû permettre au Sénégal de poursuivre son rêve dans cette compétition, mais a laissé un goût très amer. Le cauchemar de Bielsko-Biala réveillait ainsi celui de Niamey, au Niger, puisque le 17 février dernier, les Lionceaux y avaient également perdu la finale de la Can face au Mali. Aux tirs au but (1-1, 3 -1 tab) également. Dion Lopy, Dia Ndiaye et Ousseynou Niang étaient passé à côté du sujet. Une sorte de malédiction qui poursuit donc les poulains de Youssouph Dabo. Le sélectionneur national met tout sur le manque de concentration. « Le penalty, ce n’est pas une question de chance.  C’est un geste technique qu’il faut réussir, sur trois gestes on les a tous loupés et ça donne des regrets », a-t-il commenté en fin de match. Pour le coach, l’équipe ne doit s’en vouloir qu’à elle-même.  « Sur l’égalisation du deuxième but, on a manqué de concentration. Il fallait rester vigilant jusqu’au bout. Mais le manque d’expérience des joueurs nous a été fatal. Ils s’étaient dit que c’était fini, que c’était plié. Ça a été un relâchement et ça nous coûté cher. Il n’empêche, on a été costaud derrière, on a réussi à aller jusqu’au bout pour égaliser aux ultimes secondes. On n’a rien lâché », a fait savoir Dabo.

Le talent ne suffit pas

Mais au-delà de tous ces aspects, le manque de sérénité, de confiance était visible pendant toute la rencontre. Le mental a aussi fait défaut et a laissé des traces physiques et morales chez les Lionceaux qui ont pourtant tenu la dragée haute aux Guerriers Taeguk. Mais c’était loin d’être suffisant.

Le talent ne manque certes pas dans cette équipe, mais le staff a besoin de miser sur le coaching mental des joueurs, car étant un pilier essentiel pour leur permettre de faire face à n’importe quelle formation et à n’importe quelle situation. Parce qu’en confiance, un joueur joue libéré, beaucoup mieux, ose et exprime pleinement son potentiel pour améliorer ses performances.

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