El Hadji Sall débarqué de son fauteuil de secrétaire général

Ainsi, un Directoire de trois membres a été installé, à la place de beaucoup d’instances supprimées, à savoir le Bureau politique, le Secrétariat national, tout comme le poste de Secrétaire général. Absent à ce congrès ordinaire, le Professeur El Hadj Sall (El Hadji Issa Sall), candidat malheureux du parti à la dernière présidentielle, se voit ainsi éjecter de sa fonction de secrétaire général et coordonnateur du PUR.

Le candidat malheureux du Parti de l’unité et du rassemblement (Pur) à la présidentielle de février dernier, paie-t-il sa participation au lancement du dialogue national sans l’accord du président dudit parti, le guide religieux des Moustachidines, Sérigne Moustapha Sy ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Professeur El Hadj Sall (El Hadj Issa Sall) a été débarqué des instances décisionnelles dudit parti. Le congrès ordinaire organisé par le parti, ce samedi 30 août, en a décidé ainsi. En effet, au sortir de cette rencontre, les congressistes ont procédé à une profonde restructuration des instances de direction du parti, supprimant de fait, des instances décisionnelles, la fonction du candidat malheureux du parti à la présidentielle 2019. Prenant la parole, à la fin des travaux, Cheikh Ahmed Tidiane Youm a informé «qu’un certain nombre de décisions a été arrêté. La configuration du Pur a profondément changé». Ainsi, poursuit-il, le Président du parti, Sérigne Moustapha Sy, représenté au congrès par son fils, Sérigne Cheikh Ahmad Tidiane Sy, a été reconduit à l’unanimité. La modification majeure du parti est que maintenant «le Pur, après son président, est dirigé par un Directoire. Il n’y a plus de Bureau politique, plus de Secrétariat national, plus de Secrétaire général», informe le porte-parole du jour. Poursuivant, il renseigne que ledit Directoire est désormais composé de trois membres dont lui, le premier nommé par le président du parti, en tant que responsable national chargé de la Vie politique du Pur. Il sera épaulé, dans la toute nouvelle fonction, par Cheikh Ahmed Tidiane Sarr, chargé de l’Information et de la Communication ainsi que de Cheikh Ahmed Tidiane Ndiaye, responsable national chargé des Relations publiques. En dehors du Directoire, il a été désigné un Coordonnateur national en la personne de Aboubakry Ndiaye, avec comme adjoint Pape Moussa Kane. A côté de ceux-là, il y a neuf Commissions nationales qui ont été installées lors dudit congrès.

«LE PUR N’EST PAS UN PARTI SAISONNIER» 

Quid alors de l’ancien Secrétaire général du parti, El Hadj Sall, absent du congrès ordinaire ? Comme réponse, l’actuel «homme fort», après le président du Pur, renvoie les journalistes vers le concerné. A son avis, il faut que ladite question soit posée à El Hadj Sall qui a été convié à la rencontre du jour, au même titre que tous les membres de l’ancien Bureau politique du parti, installé en 2000. Aussi interpellé sur les rapports supposés ne pas être des meilleurs, entre le candidat de 2019 du Pur au président du parti, Cheikh Ahmed Tidiane Youm botte en touche et préfère refiler la patate chaude au mis en cause, se refusant ainsi tout commentaire sur les rapports entre les deux leaders. Sur les raisons d’une telle restructuration, M. Youm de lâcher que «le Pur veut faire comprendre aux Sénégalais qu’il n’est pas un parti saisonnier, c’est à dire un parti qui n’existe que lors des élections». C’est pour cette raison, selon lui, que le parti a mis en place des Commissions spécialisées qui auront une importance capitale dans la défense des intérêts des populations, comme par exemple celui des détenus, des personnes à mobilité réduite, etc. Mieux, il justifie cette modification majeure des statuts et du règlement intérieur par la volonté du Pur de ne plus entendre parler de «Numéro 2 du parti».

EL HADJ ISSA SALL PAIE, POUR SA PARTICIPATION AU DIALOGUE NATIONAL 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que El Hadj Sall semble payer pour sa participation au dialogue national, sans la bénédiction du président du Pur. En tout état de cause, tout juste avant la présidentielle, certains avaient spéculé sur un certain désamour entre les deux leaders. D’ailleurs, le président du parti, non moins guide spirituel des «Moustachidines Wal Moustachidati» n’avait pas pris part à la cérémonie d’investiture du candidat du Pur, au Boulevard du Centenaire. Pis, certains responsables du parti en Europe avaient fait une sortie pour dire que la Fédération du Pur-Europe estimait le Pur n’avait pas encore de candidat, contrairement à ce qui avait été véhiculé dans la presse. Des bisbilles que le Professeur a toujours réfuté. La rupture semble désormais totale. A noter que la démarche entreprise par le président du Pur ressemble, tant soit peu, à celle utilisée par les Wade qui ont d’abord restructuré le Secrétariat national pour pouvoir débarquer Oumar Sarr et compagnie.

PR ISSA SALL REAGIT :  «Le Pur est un parti politique, pas un mouvement religieux et je suis le secrétaire général»

En désaccord avec le président du PUR (Parti de l’unité et du rassemblement), Sérigne Moustapha Sy, depuis plus d’un an maintenant, Issa Sall se sent visé par les changements pris ce samedi lors du congrès ordinaire de son parti. Surtout avec la suppression des postes de coordonnateur et secrétaire général. Une fonction qu’occupait jusque là, le candidat malheureux à la dernière élection. Toutefois, El Hadji Sall se considère toujours comme le Secrétaire national du Pur. «Au moment où je vous parle, je suis le secrétaire général national du Pur. Le Pur est un parti politique, pas un mouvement religieux. Ce qu’ils ont fait n’engage qu’eux. Ça n’engage pas le Pur. C’est un mouvement religieux qui s’est réuni et qui a nommé ses hommes. Puisque je ne fais pas partie du mouvement, je pense que ma place n’y était pas», déclare-t-il.

RAPPROCHEMENT AVEC LE MACKY 

“Vous savez, je veux servir mon pays, c’est pourquoi d’ailleurs je me suis présenté à l’élection présidentielle de 2019. Ça ne me dérange pas d’enter dans le gouvernement”, avait martelé récemment M. Sall sur le plateau du Jury du dimanche.  Issa Sall avait ajouté : “Je suis directeur d’une université privée, j’ai les compétences et j’ai même été consulté, il y a très longtemps, pour être nommé ministre, mais j’avais refusé. Certains entrent dans le gouvernement pour des privilèges, d’autres pour transhumer. Mais maintenant, si on sent qu’on peut servir son pays dans un secteur donné, il n’y a pas de problème. C’est pour servir son pays.” Cette volonté de se rapprocher du Macky Sall a été aussi matérialiser sa participation au dialogue national. Ce que le guide spirituel des Moustachidines n’aurait pas apprécié.

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