Khalifa Sall à Tivaouane, Ndiassane et Pire Gourey: »Je ne suis animé d’aucun esprit revanchard »

« Un détenu m’a dit en prison : ‘’si Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine était vivant, jamais un tel sort ne te serait réservé’’». La révélation a été faite devant Serigne Babacar Sy Ibn Al Amine par Khalifa Ababacar Sall, en visite, ce samedi 5 octobre 2019, chez les différentes familles religieuses du département de Tivaouane, pour des présentations de condoléances. L’ancien maire de Dakar qui s’est aussi rendu à Ndiassane et Pire Gourey a déclaré que «grâce aux prières, j’ai traversé l’épreuve sans anicroches et aujourd’hui, je suis sans rancœur ni rancune et je ne suis animé d’aucun esprit revanchard».

Après le ziar nocturne effectué tard la soirée du dimanche de sa sortie de prison au mausolée de son homonyme Khalifa Ababacar Sy, l’ancien Maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, est revenu à Tivaouane ce weekend puis s’est rendu à Ndiassane et Pire Gourey, pour les besoins de présentation de condoléances à ces familles religieuses suite aux décès des khalifes Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, Mame Bou Kounta et Serigne Moustapha, mais aussi de Ahmed Bachir Kounta. Au domicile du défunt Khalife Serigne Abdoul Aziz Sy, où il a été reçu par le fils de dernier, Serigne Ababacar Sy Ibn Al Amine, Khalifa Ababacar Sall, évoquant ses relations profondes avec le défunt guide religieux, a révélé qu’« en prison, alors que j’étais isolé, un détenu a bravé les interdits pour m’approcher et me dire que si Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine était vivant, jamais ce sort ne me serait réservé. C’est très significatif ».

Cela est dû au simple fait, indique Serigne Babacar Al Amine, que « mon défunt père avait une ligne de conduite très claire. Il était conscient que le guide religieux ne peut inscrire ses actions que dans le rapport de forces ou la régulation et il avait choisi la régulation comme socle de toutes ses actions au quotidien, notamment en ce qui concerne la politique ». Le guide religieux d’ajouter : « ce qui est arrivé relève de la volonté de Dieu et c’est lui aussi qui y a mis fin ». Quant à Khalifa Sall, il a poursuivi son discours en ces termes : « de la prison, j’ai pu me rendre compte de la belle manière dont vous perpétuez l’œuvre de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, qui était au courant de tout ce qui se tramait contre moi. C’est pourquoi il s’est totalement investi, mais malheureusement, je n’ai pas eu l’occasion de lui dire merci. Quand tous les deux nous savions ce qui allait se passer dans cette affaire, je lui ai demandé de me donner l’autorisation de poser un certain acte.

Serigne Abdou m’a donné aussitôt l’autorisation même si j’ignorais s’il était d’accord ou non. Il m’a donné là une leçon, car j’avais fait un choix extrême. Il m’a dit qu’il m’a confié à Serigne Babacar et que s’il était à ma place, il poserait le même acte (Ndlr, dont la nature n’a pas été dévoilée) ». « Quiconque a peur du combat, doit s’abstenir de faire de la politique et ce chemin est toujours parsemé d’embûches » Serigne Babacar Sy renseigne par ailleurs que son défunt père a aussi eu à vivre des rapports de forces, comme en témoigne ce qui s’est passé autrefois dans la famille et qui était bel et bien un combat. De la même manière, a-t-il soutenu, on ne peut pas faire de la politique sans mener de combats, autrement dit la politique rime avec le combat, qui en est d’ailleurs le centre. « Quiconque a peur du combat, doit s’abstenir de faire de la politique car son chemin est toujours parsemé d’embûches» a encore indique le khalife d’Al Amine.

Avant d’ajouter : « le plus important est que tout le monde sache que ce pays ne peut être construit qu’avec les bras de ses fils, avec l’implication de toutes les compétences, la prise en compte de toutes les idées ».de Khalifa Sall, il dira : « les grands hommes n’ont pas droit à l’erreur, car elle risque d’engager tout un pays. Il ne faut pas te gaspiller, parce que le pays a besoin de toi. Si tu n’étais pas armé d’une profonde conviction et d’un amour pour ton pays, tu aurais adopté une position beaucoup plus facile et continué à mener tranquillement ta vie. Tu as choisi le chemin de la vérité et de la droiture, qui ne manque pas de risques dans de pareilles circonstances et c’est justement ces risques que tu viens de vivre » a rassuré le Khalife d’Abdou Aziz Sy Al Amine. Serigne Mbaye Sy Ndiol Fouta Ibn Abdoul Aziz Sy Dabakh, pour sa part, a conseillé à l’ancien maire de Dakar d’« oublier et ne pas regarder dans le rétroviseur ». Il ajoute : « personne ne peut échapper à son destin. Soyez-unis, ne jetez l’anathème sur qui que ce soit et marchez tout droit vers vos objectifs ».

Serigne Mbaye Sy Abdou a fait savoir que « Khalifa Sall est un homme que j’apprécie beaucoup ». Dans le même sillage, l’ancien maire de Dakar a fait remarquer à Ndiassane et Pire Gourey où il s’est aussi rendu pour le même but, à savoir des présentations de condoléances, que « grâce aux prières, j’ai traversé l’épreuve sans anicroches et aujourd’hui, je suis sans rancœur ni rancune et ne suis animé d’aucun esprit revanchard ».

Philosophe, le dirigeant du Parti socialiste considère que « c’est superflu de se fâcher contre quelqu’un, pour des faits qui sont l’œuvre exclusive de Dieu ». Et de souligner : « le problème fondamental dans nos pays, c’est qu’il y a une crise de foi et des valeurs, c’est pourquoi les gens disent croire en Dieu mais, dans le même temps, ils posent des actes qui montrent qu’ils n’ont pas confiance en Lui ». D’où cette conclusion : « il faut aller en prison pour se rendre compte que seul Dieu est le Maître du destin et Il reste à ce moment là le seul Compagnon ».

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