La senelec perfusée à hauteur de 125 milliards

Le second projet de loi de finances rectificative de l’année 2019 a été adopté par l’Assemblée nationale hier, vendredi 15 novembre. Cette dernière Lfr qui s’élève à 4 092,74 milliards F Cfa booste la Senelec qui est encore «perfusée» par l’Etat et cette fois à hauteur de 125 milliards : histoire d’apurer les impayés des trois dernières années écoulées, conformément aux injonctions du Fmi. Une mesure qui a été vivement attaquée par les députés Ousmane Sonko et Mamadou Lamine Diallo attestant que c’est là la conséquence manifeste d’une mauvaise gouvernance.

Le second projet de loi de finance rectificative (Lfr) 2019 a été adopté hier, vendredi, par l’Assemblée nationale. Cette deuxième Lfr chiffrée à 4 092,74 milliards qui connait une hausse de 104,1 milliards de francs CFA en valeur absolue et 2,6% en valeur relative «doit être considérée comme une Lfr de régularisation voire de responsabilité», a dit le ministre des Finances et du budget Abdoulaye Daouda Diallo. Selon le ministre qui défendait le dit projet devant la représentation parlementaire, il s’est agi, d’une part, de modeler des crédits et de les réorienter vers de nouvelles priorités. Il en résulte ainsi des économies, qui sont le fruit de l’exercice de rationalisation des dépenses de fonctionnement et des dépenses d’investissement qui n’ont quasiment aucune chance d’être dénouées avant la fin de l’année, compte tenu du niveau d’exécution des procédures de contractualisation auxquelles elles leur sont liées. Selon le ministre, ces crédits d’un montant de 100 milliards de francs CFA seront consacrés à l’épurement d’un certain nombre d’obligations impayés de l’Etat, notamment dans le secteur de l’énergie et celui des Bâtiments et des travaux publics (Btp).

Abdoulaye Daouda Diallo précisera ainsi que «d’un commun accord avec le Fmi, dans le cadre de l’Instrument de coordination des politiques économiques (Icpe), un plan d’apurement sur trois ans (2020-2022) des impayés au titre des années antérieures à 2019 a été élaboré et validé», d’une part et «de transférer 125 milliards de francs CFA de ressources budgétaires nouvelles à la Senelec pour faire face aux impayés de 2017 et 2018, résultant du blocage des prix de l’électricité malgré l’augmentation des cours du pétrole», d’autre part. Face à cette énième perfusion de la Senelec, des députés de l’opposition ont dit ne pas comprendre le fait que la boite ait toujours besoin d’injections alors que quelques mois avant, l’on disait aux Sénégalais que Sénélec était bien gérée, au point de faire la promotion de l’ex-Dg de la Senelec au poste de ministre du Pétrole et des Energies, en l’occurrence Mouhamadou Makhtar Cissé. Un justificatif fallacieux aux yeux d’Ousmane Sonko et Mamadou Lamine Diallo. Selon ceux-ci : «Ceci est la conséquence d’une mauvaise gouvernance et d’absence de vision prospective pour prendre en considération les conseils des avisés comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale». Pour sa part, Abdoulaye Daouda Diallo fera noter en outre que la Lfr 2 ouvrira des crédits d’un montant de 4106 494 982 F Cfa issus des recettes de péage des autoroutes Ila Touba, AibaMbour et Aibd-Thiès.

75 MILLIARDS FCFA POUR PUMA, PUDC, PROMOVILLES

Concernant les Btp et autres opérations diverses, 75 milliards de francs CFA vont être alloués aux entreprises qui exécutent les grands projets de l’Etat dans les secteurs du développement communautaire et des infrastructures (Puma, Pudc, Promovilles), a révélé le ministre.

A l’entendre: «Il s’agit précisément des chantiers importants engagés au cours de ces dernières années pour améliorer la mobilité urbaine et rurale, renforcer l’équité sociale et territoriale dans la répartition des infrastructures et stimuler la dynamique de développement des territoires pour l’amélioration des conditions de vie de celles-ci (populations)». A en suivre de même le ministre, «le second projet de loi de la Lfr s’équilibre en recettes et en dépenses à un montant de 4092,74 milliards FCFA».

Pour la dette publique, premier poste de dépense, Abdoulaye Daouda Diallo a relevé qu’elle sera maintenue au même niveau que la première Lfr de l’année en cours. Les dépenses de personnel, elles, connaitront une légère hausse de 650 millions F Cfa, justifiée par la prise en charge des indemnités accordées aux ayants droit. S’agissant des dépenses courantes, une hausse de 126,8 millions est notée, justifiées par le renforcement des subventions accordées au secteur de l’énergie par l’Etat. Toutefois, les dépenses d’investissement sur ressources internes connaissent une baisse de 23,34 milliards F Cfa.

Par compte pour les investissements financés sur ressources externes, ils resteront inchangés par rapport à la précédente Lfr. Par ailleurs, fait savoir le ministre, «dans un souci de maintenir le déficit budgétaire à 3%, il a fallu constituer une réserve de précaution de 25 milliards fcfa. Ceci pour éviter toute annulation de dépenses en fin de gestion qui engendrait la reconstitution d’impayés de l’Etat. Au finish, le ministère dira que «la Lfr 2 porte, de manière spécifique, sur une augmentation des dépenses courantes à hauteur de 13,9%, de la masse salariale, qui évoluera très légèrement de 0,1%, et des dépenses en capital sur ressources internes en baisse de 3,4%».

ECHOS…

Lfr 2019 : La hausse du budget jugée abusive par Sonko 
Le député Ousmane Sonko a contesté hier, vendredi, à lAassemblée nationale, l’état de la hausse du budget lors de la deuxième session du projet de loi de finances rectificative pour l’année 2019. Le leader de Pastef/Les Patriotes estime que la hausse des recettes est fausse. Selon lui, c’est abusif de parler de hausse de 104 milliards du moment que l’essentiel de ces recettes sont tirées des autoroutes Ila Touba, AIBD-Thiès et AIBD-Mbour qui ne sont que 4,1 milliards. À en croire Ousmane Sonko, la situation qui se pose est que l’Etat ne sera pas en mesure de rentabiliser un projet financé par l’argent public…

Abdoulaye Daouda Diallo: «Le Ter sera totalement réceptionné d’ici le 31 décembre…
Le ministre des finances et du budget, face aux différentes interpellations des députés sur la réception du Train express régional, a affirmé que la population n’aura plus à attendre longtemps. Abdoulaye Daouda Diallo estime que « ce sera d’ici le 31 Décembre que le TER sera réceptionné » au soulagement de toute la population sénégalaise. Pour le ministre, l’État, de même que tous les acteurs évoluant dans le secteur des infrastructures, fournissent les efforts nécessaires pour permettre aux citoyens de disposer de moyens de déplacement rapide et commode. C’est l’objectif du TER dont les travaux, rappelle le ministre, « ne sont pas arrêtés ».

En pleine séance plénière, Abdoulaye Daouda Diallo écourte les discussions
Le ministre des Finances et du budget a émis l’excuse de prendre 10 minutes pour une urgence. Le président de l’Assemblée nationale Moustapha Niasse l’a signalé aux parlementaires qui ont pour leur part accordé au ministre d’aller rencontrer le président incessamment. L’hémicycle a alors attendu le retour du ministre pour continuer les discussions concernant la loi 13/2019 portant loi de finances rectificatives pour cette année.

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