COMMERCIALISATION DE L’OIGNON:Les sénégalais consomment 800 tonnes d’oignon par jour

Le ministre du Commerce a rencontré hier les acteurs de la filière oignon (commerçants, producteurs et distributeurs) pour faire le point sur le dispositif de commercialisation mis en place et voir dans quelle mesure des jalons supplémentaires peuvent être posés. Par ailleurs, le ministre du Commerce a annoncé qu’il va adosser les quotas d’importations aux performances et à l’engagement des acteurs de la commercialisation de l’oignon.

Un mois après l’entrée en vigueur de l’arrêté ministériel portant gel des importations d’oignon, le ministre du Commerce a rencontré les acteurs de la filière pour trouver des solutions à ce secteur. Durant plusieurs tours d’horloge et après de nombreuses passes d’armes entre le ministre et les acteurs, des mesures ont été prises pour une bonne commercialisation de l’oignon local. De grande importance pour les  consommateurs, l’oignon occupe la 1ère place des cultures maraichères.

Pour Alioune Sarr, 800 tonnes d’oignon sont utilisées chaque jour par les ménages sénégalais et 25.000 tonnes par mois. «Le gouvernement a décidé d’adosser les quotas d’importations aux performances et à l’engagement des commerçants et importateurs de la commercialisation de l’oignon. Ce que nous avons fait sur le riz, nous avons décidé de le faire avec l’oignon. Si un importateur n’achète plus d’oignon local, il n’aura plus de quota d’importation», soutient-il. Cependant, le ministre du Commerce reconnaît que la commercialisation de l’oignon local rencontre certaines difficultés, notamment la présence de l’oignon importé en début de campagne, le manque d’information sur les dates d’arrivée des récoltes dans le temps et par zone, la qualité de l’oignon local souvent évoqué par les acteurs et par les consommateurs par rapport à la qualité de l’oignon importé. Il y a également le prix de l’oignon local en début de campagne que les producteurs jugent non rémunérateur et la faiblesse des capacités de stockage et de conservation.

A  l’en croire, la production d’oignon est passée de 40.000 tonnes en 2004 à une production estimée à 367.000 tonnes en 2O16 et un chiffre d’affaires qui tourne autour de 35 milliards de Fcfa.

DES MESURES POUR UNE MEILLEURE COMMERCIALISATION DE LA FILIERE

Pour résoudre cette situation, des mesures ont été prises pour une bonne commercialisation de l’oignon local. Selon Alioune Sarr, une lettre circulaire de véhicule sur la commercialisation de l’oignon local a été signée. «Dans la vallée du fleuve Sénégal, le prix au kilo est fixé à 150 Fcfa et la zone des Niayes à 200 Fcfa. C’est un prix qui est obtenu de manière consensuelle entre les différents acteurs. Cette lettre est un instrument de régulation des marchés intérieurs », explique-t-il. En plus de cela, un comité de gel et un comité de commercialisation ont été mis en place. «Leur rôle consiste à approvisionner le marché convenablement. Nous aurons 60 tonnes par jour dans les marchés de Thiaroye et Gueule Tapée spécifiquement. Nous avons aussi travaillé sur la contractualisation des différents acteurs.

A Podor, les commerçants ont acheté la totalité de la production qui était disponible. Il y a aussi la nécessité de mettre en place une coopérative dédiée au produit. Les acteurs sont amenés à y travailler avec l’appui du gouvernement», indiquet- il avant d’ajouter : «nous avons aussi prévu d’aller en mission de prospection sous régionale dans certains pays gros consommateurs d’oignon. La région ouest africaine consomme à elle seule 400.000 tonnes d’oignon par an dont l’essentiel est importé. Des pays comme la Côte d’Ivoire constituent une bonne destination, car ils importent plus de 90.000 tonnes. C’est le cas aussi du Gabon.

MAMADOU SALL, PRODUCTEUR D’OIGNON A PODOR : «C’est du sabotage»

Très bouillant lorsqu’il a pris la parole au cours de la réunion. Mamadou Sall a soutenu qu’il n’y aura pas  e solution pour la commercialisation de la filière cette année. «Nous sommes là pour participer à cette réunion, car lors de sa tournée économique, le Président nous avait reçu et nous lui avions fait part de  notre problème. Nous avons une production de qualité et des rendements énormes, mais nous avons un problème d’écoulement, c’est-à-dire que nous produisons mais nous ne le vendons pas, la plupart nous le jetons», dit-il. «Il y’a certains producteurs qui ont acheté l’oignon le Kg à 125 Fcfa à Podor pour le revendre à Dakar à 100 Fcfa. Il y’a quelque chose de louche. C’est du sabotage».

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