Économie africaine : les 15 temps forts de l’année 2018

Conclusions de contrats, mouvements de consommateurs, inaugurations de projets symboliques, expulsions d’entreprises étrangères… Jeune Afrique a sélectionné pour vous 15 informations économiques qui ont marqué l’année 2018.

• 1er janvier : la TVA explose en Tunisie

Avec l’entrée en vigueur de la loi de finances 2018, une majoration de la taxe à la valeur ajoutée (TVA) est appliquée, qui va de 2 à 300 % selon les produits (hydrocarbures, mais aussi énergie, alimentation, immobilier, produits importés…). Des hausses de prix évaluées à 300 dinars (100 euros) par mois et par foyer, qui ne tardent pas à susciter la grogne des consommateurs.


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• 11 janvier : en Angola, João Lourenço démet José Filomeno dos Santos de la tête du fonds souverain

Après sa demi-sœur Isabel, limogée de la présidence de la Sonangolen novembre 2017, la purge anti-dos Santos s’étend à « Zenu ».Soupçonné d’avoir réalisé un transfert de 500 millions de dollars dans le cadre d’un plan qui aurait permis de détourner 1,5 milliard de dollars, le fils de l’ex-président angolais sera mis en examen pour fraude au mois de mars et placé en détention provisoire le 24 septembre.


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• 16 février : l’État gabonais réquisitionne de force une filiale de Veolia

Mettant en avant « la dégradation du service rendu aux usagers » et « les efforts financiers consentis par l’État, non suivis des effets escomptés », le ministère gabonais de l’Eau et de l’Énergie met fin unilatéralement à la convention de concession qui le liait à la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), filiale à 51 % du groupe français Veolia, et réquisitionne installations et employés.

Après une tentative infructueuse de conciliation, Veolia, qui dénonce « des motifs très clairement ridicules », en appelle au Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi), devant lequel une procédure est toujours en cours.


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• 22 février : à Djibouti, le gouvernement expulse DP World du port de Doraleh

Alors que les deux parties sont en conflit ouvert depuis 2015, les autorités djiboutiennes ont tranché dans le vif en expulsant manu militari l’opérateur portuaire dubaïote du terminal à conteneurs de Doraleh, que ce dernier gérait depuis la signature en 2006 d’un contrat de concession de trente ans. Le gouvernement, agissant en vertu d’une loi d’octobre 2017 sur la protection de la souveraineté nationale, a depuis annoncé la nationalisation des parts appartenant à la société portuaire de Djibouti (66 %) dans la coentreprise Doraleh Container Terminal (DCT).

La bataille continue de faire rage entre les deux acteurs, tant devant les tribunaux que dans les médias et sur la scène diplomatique.


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• 7 mars : Saham Group cède son pôle assurances au sud-africain Sanlam

Présent depuis trois ans au tour de table de Saham Finances, le sud-africain Sanlam annonce l’augmentation de sa participation au capital de la filiale du groupe de Moulay Hafid Elalamy pour passer de 46,6 % à 100 %, aux termes d’un accord conclu la veille. Un deal à 1,05 milliard de dollars qui mettra encore plusieurs mois à être finalisé, le closing étant intervenu le 10 octobre dernier, après l’approbation des différentes autorités de régulation.


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• 11 mars : en RDC, Joseph Kabila promulgue le nouveau code minier

Pour les miniers internationaux opérant en RDC (Glencore, Randgold, AngloGold, China Molybdenum, CDM…), la pilule a du mal à passer : le nouveau code minier congolais prévoit l’instauration de nouvelles taxes et supprime la clause de stabilité à dix ans qui leur était jusque-là accordée. Dans la foulée, Albert Yuma, le patron de la Gécamines, l’opérateur national incontournable pour l’exploitation des minerais stratégiques – cuivre et cobalt – annonce son intention de négocier l’ensemble des contrats de partenariats liant la société nationale aux opérateurs étrangers – il passera aux actes un mois plus tard.


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• 20 avril : démarrage d’un boycott inédit au Maroc

Quelques hashtags et un appel qui tourne en boucle sur les réseaux sociaux, sans que l’origine en soit pleinement identifiée. En quelques jours, trois marques sont au centre d’un mouvement de boycott d’une ampleur sans précédent au Maroc : Centrale laitière, filiale du géant français Danone ; l’eau Sidi Ali, des Eaux minérales d’Oulmès (filiale de Holmarcom), dirigées par l’ancienne patronne des patrons, Miriem Bensalah ; et Afriquia, leader des stations-service, dont l’actionnaire principal n’est autre que Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et président du Rassemblement national des indépendants (RNI). Le mouvement ne s’essoufflera pas avant plusieurs mois, provoquant des chutes vertigineuses dans les résultats de ces groupes.


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• 25 avril : Vincent Bolloré mis en examen pour des soupçons de corruption à Conakry et à Lomé

« Corruption d’agents étrangers dépositaires de l’autorité publique », « abus de biens sociaux » et « faux et usage de faux » sont les trois qualifications retenues par la justice française pour expliquer la mise en examen de l’homme d’affaires français et de deux de ses collaborateurs, le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix, et le responsable du pôle international de Havas, Jean-Philippe Dorent. Le 12 décembre, le holding sera à son tour mis en examen.

La procédure, encore en cours, doit déterminer si le groupe français a utilisé les activités de conseil politique de sa filiale de publicité Havas pour se voir attribuer la gestion des ports de Lomé, au Togo, et de Conakry, en Guinée, via une autre de ses filiales, Bolloré Africa Logistics, anciennement appelée SDV.

Source :Jeune Afrique 

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