Sur les traces de lucas Jazz band de Sédhiou

Le mythique UCAS Jazz Band de Sédhiou a fait les beaux jours de la musique sénégalaise. Pendant plus de 50 ans, fans et connaisseurs ont vibré aux rythmes du Jambadong et autres sonorités de la Casamance. Une organisation bien huilée, un génie sans cesse renouvelé. Dandan Diédhiou, ancien lead vocal relate le bon vieux temps.

Comme beaucoup de jeunes gens de l’époque (la fin des années 50), ce sont les études secondaires qui ont mené Dandan Diedhiou au département de Sédhiou. Il fait ses humanités au CEG (Collège d’enseignement général) après des études à l’école primaire de Bona, son village natal. Puis il rejoint le lycée Gaston Berger de Kaolack. (actuel Valdiodio Ndiaye). Dandan Diédhiou revient à Sédhiou après une formation d’enseignant en 1971. Instituteur, planificateur scolaire, chargé de la division alphabétisation, il occupe diverses fonctions au niveau de l’IDEN. Gravir les échelons de l’administration scolaireun séjour en France pour des études d’ethnomusicologie, rien n’a entamé la passion du crooner pour l’UCAS.

Une union autour de la culture, de l’art et du sport

Dandan Diédhiou relate les premiers pas de l’Union Culturelle, Artistique et Sportive (UCAS) fondée en 1959 par la jeunesse scolaire de Sédhiou (JSS). L’UCAS fédérait des associations villageoises de toute la Casamance : Vélingara, Kolda, Sédhiou, Bignona, Ziguinchor et Oussouye. Il évoque ses fondateurs, Ibou Ndingo Diaite qui « fut plus tard Doyen de la faculté de Droit de l’UCAD », et Mamadou Moussa Ndiaye, instituteur. La longue liste de présidents, élus au rythme des congrès ordinaires : l’agent d’agriculture Sankoung Sané d’Adéane en 1960 ; le technicien de santé Samba Seydi de Goudomp en 1963 ; Babou Baldé ; Cherif Younouss Sakho ; Mamadou Mané Ba, professeur d’anglais ; Dandan Diédhiou lui-même en 1987. L’organisation comptait une section sportive avec une équipe de football, de handball, d’athlétisme et de volleyball. A travers le ballet, le théâtre, la poésie et la musique la section culturelle représentait l’identité « ethnico-culturelle » de la région.  « Les pièces de théâtres étaient écrites et montées par feu Toumani Camara de Marsassoum, technicien supérieure de la santé ». Ce dernier a transmis à Danda Diédhiou sa passion. Ainsi, il était sur les planches quand il ne chantait pas.

Les années fastes

C’est la musique, avec l’UCAS Jazz Band de Sédhiou qui fit surtout connaître l’organisation à l’intérieur et au-delà des frontières du Sénégal. L’orchestre jouait de différents instruments, la kora, le balafon, le jung jung une fusion de sonorités diolas, mandingue, peulhs, balantes, manjacks et cubaines. L’union représenta le Sénégal au  premier festival panafricain d’Alger en 1969. Elle fut récipiendaire à plusieurs reprises de la semaine nationale de la jeunesse et du trophée régionale entre 1967 et 1972. Dandan Diédhiou se rappelle fièrement du titre du quotidien le soleil en cette année 1972  « la moisson de trophées par Sédhiou ». En 1973, l’orchestre se produit au premier festival panafricain de la jeunesse à Tunis, puis au Congo aux côtés de Taboulé Rochereau. Il se rend en France dans le cadre d’un jumelage entre Saint-Maur-des-Fossés et Ziguinchor. L’UCAS se rendra  en Espagne, en Mauritanie, en Guinée Bissau, en Gambie. C’est dire que ces troubadours du Sud ont traîné leurs caboches un peu partout.

L’UCAS Jazz Band a aujourd’hui disparu des radars. Nombre de ceux qui en ont fait les beaux jours ont tiré leur révérence. Les vétérans comme Dandan Diédhiou restent fidèles à la mission originelle de l’union, un engagement pour le développement socioculturel et l’épanouissement des habitants de Sédhiou. Il y vit présentement une semi-retraite méritée, entre militantisme social, cérémonies officielles, rencontres culturelles et encadrement de jeunes musiciens.

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