Souleymane Bachir Diagne invite les hommes politiques à la vigilance. «Tout ce qui divise et fragmente est à éviter»

En marge de la cérémonie d’hommage rendu à Cheikh Hamidou Kane et son œuvre «L’Aventure ambiguë» organisée par le Centre Culturel Français de Dakar, Pr Souleymane Bachir Diagne a mis en garde les hommes politiques sénégalais. Il leur a recommandé de ne pas utiliser les facteurs identitaires qui divisent et fragmentent pour le jeu politique.

Les appartenances ethniques et religieuses sont de plus en plus convoquées par les hommes politiques dans leurs discours. La dernière sortie du maire de Mermoz Barthelemy Dias confirme davantage cette assertion. C’est pourquoi, le philosophe Souleymane Bachir Diagne invite les hommes politiques à la vigilance. «Tout ce qui divise et fragmente est à éviter. La politique doit quand même viser à renforcer le vivre ensemble‘’, soutient Pr Diagne. L’enseignant à l’université de Columbia qui prenait part à la cérémonie d’hommage rendu à Cheikh Hamidou Kane a estimé qu’il faut que les acteurs politiques sachent que leur parole est importante et suivie d’effet. A l’en croire, ces derniers ne peuvent pas utiliser des facteurs identitaires qui divisent et fragmentent pour le jeu politique. Donc, préconise-t-il, il faut que les acteurs politiques sentent la responsabilité de maintenir absolument cette unité du vivre ensemble et éviter la fragmentation que pourraient amener les identités religieuses.

L’AVENTURE AMBIGÜE, UNE ŒUVRE QUI TRANSCENDE LES GENERATIONS

Devant un théâtre de Verdure du Centre culturel français plein à craquer, l’auteur de Comment philosopher en islam est revenu sur l’intemporalité de l’Aventure ambigüe. ‘’Son lectorat traverse les générations. L’Aventure ambigüe est un roman qui déploie des significations différentes à chaque relecture. Je l’ai lu et relu et pour moi, c’est à chaque fois un nouveau roman’’, indique le philosophe. Il rappelle que ce qui fait le caractère éternel de l’œuvre, c’est la manière dont il a posé la question de la rencontre et de l’ouverture des cultures le unes aux autres. La manière, renseigne-t-il, dont il a parlé de la construction d’une Afrique réellement indépendante, c’est-à dire d’une Afrique qui va construire dans la patience mais également avec détermination des rapports de forces plus favorables dans le monde où nous sommes.

BOUDAL NDIATH

Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.