La société civile presse Bass

La société civile ne se lasse toujours pas de demander qu’une suite soit donnée aux rapports des corps du contrôle. Que ce soit le Forum du justiciable, avec son président Babacar Ba ou encore le Forum civil, par la voie de son Coordonnateur, Birahim Seck, tous réclament une diligence dans le traitement des dossiers remis au procureur Sérigne Bassirou Gueye. Le dernier en date, c’est celui de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac). Déplorant l’architecture judiciaire du pays qui met le parquet sous la dépendance de l’exécutif, ils n’ont pas manqué de demander des réformes judiciaires.  

BABACAR BA, PRESIDENT DU FORUM DU JUSTICIABLE : «Le procureur de la République doit jouer son rôle»

«La lutte contre la corruption est l’affaire de tout le monde. Chacune des parties doit jouer son rôle. L’Etat a mis en place un organe de contrôle qui est l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac). Parce que certainement, l’Etat du Sénégal a estimé que, pour lutter contre la corruption, il faudrait quand même avoir un organe de contrôle.

Aujourd’hui, cet organe de contrôle a fait son travail, même si nous fustigeons le retard noté dans la publication de ces rapports. Quoiqu’il en soit, il a produit 2 rapports d’activités, notamment ceux de 2017 et 2018. Dans ces rapports, l’Ofnac a estimé qu’il y a certains dossiers qui nécessitent l’ouverture d’une information judiciaire. C’est dans ce contexte qu’il a transmis ces rapports-là au procureur de la République.

Nous estimons que le procureur de la République doit jouer son rôle. Parce que l’exécutif a mis sur place l’Ofnac. L’Ofnac a fait son travail. Je pense que le procureur de la République doit examiner les rapports que l’Ofnac lui assigne.

Parce que, quand on saisit le procureur de la République, on attend de lui que les dossiers soient diligentés. Soit, le procureur de la République estime qu’il y a assez d’éléments pour aller vers une enquête et il le fait, ou bien s’il estime le contraire, il peut ranger dans les tiroirs l’affaire.

Ce qu’on ne peut pas concevoir, c’est qu’aujourd’hui, aucune suite n’est donnée à ces rapports-là que l’Ofnac a transmis au procureur.

Parce que, si nous voulons lutter de manière efficace contre la corruption, il faudrait encore une fois que chacune des parties joue son rôle. Aujourd’hui, la justice a un rôle prépondérant à jouer dans la lutte contre ce phénomène.

Cependant, nous avons un procureur qui dépend de l’exécutif. D’où notre combat. C’est là où se pose la question des réformes. Pourquoi ne pas aller vers des réformes de sorte qu’on puisse avoir un parquet qui ne dépend plus de l’exécutif. Parce que si le procureur a les mains liées, cela peut constituer un blocage.

Mais, si l’Ofnac dit que pour tel dossier il faut nécessairement une information judiciaire, parce que nous savons qu’il y a des magistrats, des commissaires de police, donc des gens qui s’y connaissent, normalement le procureur doit le prendre au sérieux».

BIRAHIM SECK, COORDONNATEUR DU FORUM CIVIL : «Une issue diligente doit être donnée aux orientations et recommandations»

«La publication du rapport de l’Ofnac procède d’une exigence citoyenne. Le Forum civil s’était fait l’écho, depuis ces temps derniers, de la nécessité pour les organes de contrôle de publier les rapports issus de leurs investigations. La Cour des comptes l’a fait. Maintenant, c’est à l’Ofnac de le faire. Je crois que cela va dans le bon sens de publier les rapports qu’ils doivent aux citoyens pour leur information.

Maintenant, il faudra aller vers la régularité dans la production et la publication de ces rapports. C’est ce que nous attendons de ces organes.

Pour ce qui est du contenu des rapports, le Forum civil pour ce qui le concerne, va mettre des équipes chargées de faire l’analyse pointue de ces rapports, de revisiter les recommandations de ces conclusions pour en partager avec l’opinion le plus amplement possible.

Nous savons qu’il y a toujours des problèmes qui sont liés à la gestion des suites à accorder aux rapports d’enquête. Cela procède de l’architecture judiciaire du pays. Je crois que parmi les réformes sur lesquels les gens doivent prendre des décisions au niveau du dialogue national, la réforme des juridictions doit peut être aidée à améliorer cela.

Ce qui est sûr, c’est que si le procureur de la République est saisi par des organes à l’issue de leurs investigations, je crois qu’une issue diligente doit être donné aux orientations et recommandations dégagées par les rapports. C’est ce qu’on attend du procureur de la République.

Le passé ne nous a pas tellement rassuré dans le traitement de ces affaires. Nous considérons que ce n’est pas une raison pour laisser les choses à l’état. Il faut toujours exiger qu’une suite judiciaire soit apportée à tout ce qui a été pointé comme dissonance dans la gouvernance des affaires publiques».

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